CRISE DANS L’ENSEIGNEMENT: les précisions de Dr Bano BARRY

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La crise qui perdure dans le secteur de l’éducation nationale suciste plusieurs interrogations et préoccupations et les deux camps se tirent le drap. Le Syndicat Libre des Enseignants Chercheurs de Guinée de son côté, est toujours ouvert aux négociations pour l’obtention de leur requête et le gouvernement quant à lui, exige l’assainissement de ce secteur.

Dr Alpha Bano Barry, Conseiller à la Présidence chargé de l’enseignement supérieur a apporté plus d’éclairage dans l’assainissement du fichier.
Invité dans l’émission « les grandes gueules », le conseiller à la Présidence précise que les anomalies dans ce secteur remonte depuis longtemps. Pour lui, la responsabilité vient de l’Etat, mais aussi de la société.

«Ça remonte de très loin. Au faite, l’école guinéenne est malade depuis très longtemps. Ce n’est même pas l’école simplement, c’est la société guinéenne, c’est l’État guinéen, c’est son administration qui est malade depuis très longtemps. Quand on le disait il y a quelques années, j’ai été probablement l’un des premiers à le dire publiquement. On considérait que je suis un pessimiste de nature.En réalité, il y a des dysfonctionnements importants. À un moment donné, on nous a dit ajustement structurel, c’est à dire qu’on a réduit le personnel de l’administration et on a décompressé l’administration publique et, on est resté pratiquement dans une situation d’ajustement structurel pendant très longtemps avec une absence de recrutement. À un moment donné, on a dit, il faut scolarisé, il faut recruté.»

On a laissé les vanneaux ouverts et on a recruté au rabais, parce qu’il y avait un programme de » l’éducation pour tous », il fallait scolarisé tous les enfants. Et on a utilisé toutes les stratégies les rapides, les plus raccourcies pour pouvoir recruter.
L’aboutissement c’est que du point de vue de l’amélioration du taux de scolarisation», a précisé l’invité du jour.

Dans son allocution, il loue les mérites et progrès qui ont lieu dans le secteur éducatif, mais déplore les limites et le faible niveau des différents enseignants.

« La Guinée a progressé, il ne faut pas oublier qu’en 1984, on était en deçà de 50%de taux de scolarisation. Aujourd’hui, nous sommes dans les environs de 87%. Mais en même temps, il y a eu de baisse drastique du niveau. Je vous donne juste un chiffre, le ratio entre élèves-maîtres dans l’école publique guinéenne est de 74 élèves en moyen d’un enseignant. Le ratio au niveau du privé, est de 33 pour un élève, un taux d’encadrement extrêmement très élevé. Et ce ratio, je ne parle pas du ratio de Conakry, je parle d’une moyenne nationale. À Conakry c’est au delà de cela. Je vous donne quelques chiffres, quand vous prenez le niveau de qualification du personnel du système éducatif: au niveau du primaire guinéen public vous avez plus de 25% des enseignants qui ont un niveau inférieur au baccalauréat. Alors que dans le privé, vous avez moins de 5% qui n’ont pas le baccalauréat. Vous prenez au niveau du secondaire, l’école publique guinéenne compte sensibiliment deux millions d’élèves, alors que le privé fait un million et quelques, vous avez deux fois plus d’enseignants dans le privé que dans le public. Dix huit mille dans le privé, dix huit mille cinq cent dans le public.
Vous partez à l’université, au moment où moi je venais du Canada, nous étions en Guinée dans les environs de 35% de titulaire d’un doctorat dans le système universitaire guinéen.
Aujourd’hui les chiffres que nous avons indiquent que 51% des enseignants du supérieur ont un niveau de qualification égale à la licence ou à la maîtrise.
31% ont le niveau du DEA ou Master et vous n’avez que 18% qui ont le doctorat. Sur ces 18% vous avez 8% qui doivent aller à la retraite d’ici 2021-2022»

Dans la cité, d’aucuns pensent que l’enregistrement effectué par le gouvernement est un moyen d’affaiblir le SLECG dans sa lutte. Pour Dr Bano, cette opération est loin d’une chasse à l’homme mais plutôt la régulation dans le secteur.

«Les contrôles sur le personnel de la fonction publique ont commencé en 1985 lorsqu’on a créé le ministère de Mamouna Bangoura, depuis lors chaque trois ou quatre ans, il y a eu un contrôle. En 2000, c’est le syndicat lui-même qui a fait le contrôle sur les contractuels. Je peux vous sortir les résultats. D’ailleurs la banque mondiale est arrivée à la conclusion que la biométrie en Guinée, ça ne marche pas. Car chaque fois qu’on en fait, on était à un chiffre, quand on fait la biométrie, on a chiffres qui augmentent encore. Tout le monde est fatigué de la Guinée parce que tout simplement on ne parviens pas à stabiliser.

Vous savez que le premier poste de dépense de l’Etat guinéen c’est le personnel, et le MENA et ses trois secteurs constituent sensiblisent 50% de la fonction publique. Depuis 2010, le président a donné des instructions, il y a eu vingt-cinq mille recrutements dans le secteur de l’éducation. Aujourd’hui les chiffres que nous avons, indiquent qu’il y a trois mille salles de classes sans enseignants. Qu’il y a trois mille salles de classes dans lesquelles il y a des classes multi grades, il y a des classes qui on appelle double vacation, c’est-à-dire qu’on ne peut pas étudier toute la journée. On est obligé d’étudier une partie pour que d’autres étudient.

Donc à partir de ce constat, le souhait du président c’était d’avoir une situation exacte du personnel. On a donc demandé aux chefs des quartiers, aux présidents des districts, aux sous-préfets, aux préfets et aux gouverneurs de procéder à la collecte de données. Ils ont reçu un tableau (dans lequel il y avait gouvernorat, préfecture, sous préfecture, quartier, le nom de l’école, matricule, le nom, le prénom, la classe et le cours tenu par l’enseignant) qu’ils devaient remplir. Ce travail était fait à partir de février. Vous savez quand on fait le travail on ne communique pas, vous n’avez jamais entendu et pourtant ça c’est passé sur toute l’étendue du territoire national.

Quand les résultats sont venus à Conakry, il y a eu une saisie et l’équipe a saisi l’ensemble de ces données, ça été croisé avec le fichier qui sert à payer. Ce croisement a indiqué qu’il y avait des gens qu’on a pas retrouvés. On a trouvé dans le fichier quatre mille cinq cents enseignants guinéens dont le salaire n’est domicilié au lieu où il travaille.
Je vous donne un exemple, on a quitté Gamal en 2005, on a été transféré à Sonfonia. Ça fait treize ans que mon salaire est domicilié à Gamal et jusqu’à présent. C’est le cas de K2».

Poursuivant, il précise les bienfaits de ce toilettage.

«Quatre mille cinq cents enseignants travaillent dans un endroit et reçoivent leurs salaires ailleurs. L’autre des choses que nous avons constatées, c’est que vingt mille enseignants du primaire, on a trouvé huit mille cinq cents trente cinq au secondaire et trois mille et quelques au niveau de la direction. C’est ce qui nous a donné les trente-deux mille. Par rapport aux quarante-deux mille, il y avait donc une marge, un écart. Donc la décision a été prise. Puisse que l’ouverture, de geler ce salaire, pour que les gens se présentent. Parce que dès que le salaire est gelé, ils se sont présentés. Et en moins d’une semaine, tous ceux qui sont présent en Guinée, neuf cents quatre-vingt dix-neuf de l’enseignement supérieur qui sont logés à l’intérieur du ficher du pré-universitaire, neuf cents quatre vingt dix-huit ont été payé.
Toutes les universités de l’intérieur du pays, tous les centres de recherches sont logés à l’intérieur du fichier du MENA, quatre cents quarante quatre dans l’enseignement technique sont géré à l’intérieur du fichier. on a retrouvé deux mille et quelques du pré-universitaire.
Et le total aujourd’hui, on est dans les environs de trois mille et quelques que nous avons retrouvé et qui ont déjà été payé, et il reste sept mille deux cents vingt-deux qui n’ont pas été retrouvé dont nous attendons leur présence. Car il faut qu’ils viennent dire à la DPE là où ils étaient lors du contrôle, s’il s’avère qu’il y a un acte qui te mute ailleurs, en ce moment tu auras ton salaire», a précisé l’invité des grandes gueules.

Malalo

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